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  • Claire

Savasana et la prière au corps

Depuis 2017, j'ai choisi de guider la plupart des savasana en fin de cours en incluant une relaxation guidée. J'ai pris ce parti en observant sur moi-même l'effet fabuleux qu'avaient eu les scans corporels en 2016. À l'époque, j'étudiais dans une école qui les donnait systématiquement en fin de sadhana.

Une relaxation… crispante

Ces relaxations guidées me rendaient agacée, crispée et impatiente ! Je redoutais presque le moment où on allait me demander de m'allonger pour me détendre… J'avais envie de partir en courant, en ruminant « non mais ça va je peux me détendre seule, lâchez-moi ! » ce qui était plutôt, je l'ai compris plus tard « laissez mon mental tranquille vaquer à ses occupations ! ». Je choisissais justement de déconnecter et de me laisser aller à des rêveries variées qui me menaient souvent au sommeil. Et je m'éveillais comme on ferme une parenthèse, prête à oublier l'expérience.

Avec un peu de recul, j'ai pu comprendre que mes résistances venaient principalement de mon mental fou qui se sentait coincé et forcé. J'ai apprivoisé cette bête sauvage en approchant avec plus de légèreté et de détachement cette relaxation finale qui pouvait, parfois, me donner l'impression d'un état régénérateur. Ce n'était pas un exercice à réussir, pas un ordre à exécuter. C'était une rivière tranquille dont les rives me portaient doucement vers un océan calme.

Ensemble, mon mental et mon corps ont pu se retrouver pour s'apaiser profondément. Ils ont choisis d'écouter les propositions de ces voix variées, dont les intonations et la prosodie dessinaient chaque fois un savasana différent : là où je fulminais d'entendre une trame toujours identique, je choisis de laisser l'expérience se déployer pour se révéler dans son unicité. Et la magie opéra.

Savasana : autonomiser les élèves ?

Quand j'ai abordé la question avec certains profs, certains me disaient que guider systématiquement un savasana pouvaient rendre les élèves paresseux, là où nous devrions les rendre autonomes. Leur faculté à se relaxer en fin de cours serait conditionnée par le fait qu'une voix les porte, et sans cette béquille, ils se trouveraient démunis lors de leur pratique personnelle.

Je comprends, et je peux facilement me reconnaître dans les difficultés de la mise en place d'une sadhana rigoureuse et efficace seule. Toutefois, je crois profondément que la répétition d'un protocole, qu'il soit de relaxation ou autre, participe à la mise en place d'une dynamique personnelle, et peut même la faciliter.

Aussi, il me semble juste d'accompagner chacun dans la fin de sa pratique, pour fermer correctement une porte et clore un espace de connexion sacrée entre le corps et l'esprit. Bien sûr, il n'est pas question de prendre un charge l'exercice mental d'une posture, mais plutôt d'offrir l'opportunité à ceux qui le souhaitent de faire l'expérience d'une sorte de prière au corps, très simple et accessible.

  • Savasana dans la jungle à Andreta (Inde)

  • Savasana à Ananas & Asanas (Lyon)

  • Savasana au Dojo Parmentier (Grenoble)

Prière au corps

En fin de séance, je propose à la classe de s'installer sur le dos, la tête vers l'autel ou dans ma direction.

  • Puis je guide un scan corporel des orteils du pied gauche (côté yin en premier), jusqu'au sommet du crâne.

  • Ensuite, selon l'inspiration du moment, j'énonce la prière-gratitude ci-dessous.

  • Enfin, je prends le temps de ramener tout le monde très lentement et je termine la séance une fois que chacun s'est assis.

Ayez une pensée reconnaissante pour votre véhicule dans cette vie. Le corps physique. Reconnaissez ce qu'il permet. Respirer, manger, bouger, sentir, aimer… Personne ne choisit sa forme. Mais vous pouvez choisir… D'avoir de la compassion pour ses faiblesses. De cultiver ses forces. D'exploiter son potentiel avec sagesse. Choisissez de l'accepter comme il est. Aimez-le tout entier. Maintenant.


Je vous souhaite à tous une bonne pratique et une belle transmission !


Écouter une relaxation (2018)

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